Les Sables d’Olonne, 21 juin 2026 – Il est 10h10 lorsque Manuel Cousin et son IMOCA Coup de Pouce franchissent la ligne d’arrivée de la Vendée Arctique. Après 13 jours, 21 heures, 8 minutes et 40 secondes de course, Manu retrouve enfin Les Sables-d’Olonne et clôture une aventure intense jusqu’au cercle polaire arctique.
Le skipper vendéen n’aura rien lâché jusqu’aux derniers milles. Au terme de 3 379,68 milles parcourus, à la vitesse moyenne de 10,1 nœuds, il ramène Coup de Pouce à bon port avec le sourire et surtout la satisfaction d’être allé au bout d’une course particulièrement mouvementée.
Une course où il aura fallu s’accrocher
Car cette Vendée Arctique n’aura pas épargné Manu. Entre une météo exigeante, les conditions musclées de l’Atlantique Nord et plusieurs problèmes techniques à gérer seul en mer, le chemin jusqu’au cercle polaire puis le retour vers la Vendée auront demandé une sacrée dose de ténacité.
« J’ai eu quelques soucis techniques mais celui qui nous a donné le plus de fil à retordre et d’adrénaline a été un départ de feu à bord, ma table à carte s’est mise à fumer et je prenais de gros coup d’électricité. Il a fallu du temps pour que je comprenne que ça venait d’un hydrogènérateur, le carbone du bateau était devenu une vraie pile. Les Cross et MRCC proche du cercle polaire ont été prévenus de ma situation à bord au cas où, j’étais en lien avec la direction de course qui a été formidable et avec mon équipe. Mais ça a été chaud, c’est le cas de le dire ! J’ai trouvé comment isoler et arrêter cette déperdition électrique, la fumée était telle que j’ai mis du temps, j’ai réussi à garder mon calme et à faire en sorte que tout rentre dans l’ordre, je pouvais naviguer avec un seul de mes deux hydro, puis après quelques heures j’ai repris ma route, à une dizaine d’heures du cercle polaire, je voulais absolument le couper ! ».
Abandonner n’est pas vraiment dans les habitudes de la maison ! À chaque difficulté, Manu a cherché une solution, réparé, bricolé, adapté sa navigation et repris sa route.
Une philosophie qui l’accompagne depuis ses débuts dans la course au large : aller au bout de ses projets, apprendre de chaque difficulté et continuer d’avancer.
Du cercle polaire jusqu’à la maison
Cette troisième Vendée Arctique aura également offert à Manu une grande première : naviguer aussi loin au nord et franchir le cercle polaire arctique sous le soleil de minuit !
Une fois ce cap symbolique atteint, une nouvelle course a commencé : celle du retour vers Les Sables-d’Olonne. Là encore, il a fallu composer avec une météo capricieuse, des changements de vent parfois brutaux et, dans les derniers milles, un vent particulièrement faible qui aura fait durer le suspense jusqu’au bout.
« Chaque mille comptait ! », confiait Manu une fois revenu au ponton.
Une arrivée qui compte pour la suite
Au-delà du résultat sportif, cette Vendée Arctique constitue une étape importante dans le projet de Manuel.
Première grande course de cette nouvelle saison, elle lui a permis d’engranger de précieux milles et points dans la course à la qualification pour le Vendée Globe 2028, mais aussi de poursuivre la prise en main et l’optimisation de son IMOCA Coup de Pouce dans des conditions très variées.
Cette arrivée lui permet également de valider sa qualification pour la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2026, dont il prendra le départ le 1er novembre prochain à Saint-Malo.
Après le Grand Nord, les avaries, les réparations, les nuits courtes et plus de 3 300 milles de navigation, Manu peut savourer : mission accomplie !
Et surtout, une chose n’aura jamais changé tout au long de cette Vendée Arctique : sa détermination à ne rien lâcher jusqu’à la ligne.
Prochaines étapes : le Défi Azimut mi-septembre à Lorient et la Route du Rhum Destination Guadeloupe de Saint-Malo à Point à Pitre !



