Après dix jours de village au cœur du Havre, Manu et Jean-Baptiste ont quitté le bassin Paul Vatine sous les encouragements d’une foule dense et passionnée, venue applaudir chaque bateau au départ de cette mythique transat normande.

Coup de Pouce quitte le bassin Paul Vatine au Havre

Dès les premières heures de course, les conditions météorologiques se montrent musclées. Sortir de la Manche devient le premier objectif du duo. Puis cap au sud : le golfe de Gascogne ne laisse que peu de répit, offrant une navigation tonique et engagée. Ce n’est qu’à l’approche de l’archipel des Canaries que le vent se fait plus discret, permettant à Manu et JB de procéder à une inspection approfondie du bateau.

En relevant le safran bâbord, Manu constate qu’il a bougé dans son logement, endommageant la pièce de maintien. S’ensuit une nuit entière de bricolage intensif. Dans le même temps, les deux marins s’attellent à la réparation de la grand-voile, déchirée sur près de deux mètres le long de la bordure. Quelques patchs, un peu de colle… et ça tient. Pour finir, Manu grimpe en tête de mât afin de refixer les instruments aériens malmenés par les dernières heures de navigation.

Si le vent tarde à revenir, le moral reste excellent. Premier poisson volant, première douche après six jours de course : des petits plaisirs qui font beaucoup de bien. L’IMOCA Paprec Arkéa, contraint de rentrer au Havre pour avarie, revient dans la course et double Coup de Pouce. Un beau moment d’échange à la VHF entre Yoann Richomme, Corentin Horeau, Manu et JB.

Dans les petits airs, le duo envoie le grand spi. Coup de Pouce glisse avec finesse, gardant le cap. Puis les alizés s’installent enfin : les foils sifflent, le bateau accélère à plus de 20 nœuds. Les grains — ces gros nuages noirs capricieux — jouent à cache-cache avec l’équipage, alternant pluie, rafales… ou calme plat. Manœuvres et changements de voiles rythment les jours et les nuits : croisements avec des cargos, couchers de soleil, stratégies météo, petits repas et cafés partagés… La Martinique se rapproche.

L’île apparaît à l’horizon, portée par les premières odeurs de végétation. Dernière marque du parcours : passer entre l’île et le Rocher du Diamant avant d’entrer dans la magnifique baie de Fort-de-France. Les semi-rigides approchent, photographes et vidéastes sont au rendez-vous pour immortaliser le passage du célèbre rocher, puis le franchissement de la ligne d’arrivée.

Après 18 jours, 00 heure, 58 minutes et 14 secondes de course, Manu et JB coupent la ligne le 13 novembre à 15 h 28 (heure métropole) et prennent la 15ᵉ place en IMOCA.

À terre, l’accueil est à la hauteur de l’aventure : une foule chaleureuse, des applaudissements, un ponton d’honneur envahi par les amis, la famille, les organisateurs… et de nombreux enfants des écoles de Martinique, avec lesquels Manu et JB échangent avec enthousiasme. Le tout ponctué par un bon repas et un ti-punch plus que mérité.

Une traversée intense, jalonnée d’imprévus et de rebondissements, marquée par une météo exigeante qui a mis les nerfs et les bateaux à l’épreuve. Mais surtout, une très belle transat, vécue en parfaite harmonie, où Manu et JB ont partagé les mêmes objectifs, la même énergie… et le bonheur d’avoir fait équipe.

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